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(Catégorie : Appels à collaborations)
Bref résumé
Littérature de jeunesse et francophonies du Canada et d’ailleurs : histoire, sciences, culture et littérature
Descriptif intégral
Comme l'a maintes fois affirmé Dominique Demers, la littérature pour la jeunesse représente le seul domaine vraiment « rentable » de l'édition au Québec. Elle mobilise un public nombreux et fidèle, des auteurs reconnus et adulés, des illustrateurs à la réputation internationale ; elle est diffusée par des maisons d'édition à l'efficacité redoutable, dont certaines, telles « la courte échelle », « Boréal » et « Québec Amérique » s'affirment comme de petites multinationales ; elle assure son rayonnement grâce à des revues d'information spécifiques, comme Lurelu, et occupe une part importante des sections littéraires des grands quotidiens comme Le Devoir et La Presse ; elle bénéficie de l'appui d'associations d'auteurs et d'organismes d'information et de diffusion, dont « Communication-jeunesse » ; elle a suscité la multiplication de prix littéraires, dont certains prestigieux ; enfin, elle a maintenant ses spécialistes à l'Université, voire des programmes de premier et de second cycle qui lui sont exclusivement consacrés.
Or, dès que l'on aborde la question de son inclusion dans les programmes du baccalauréat et des cycles supérieurs, l'on soulève au moins deux questions non sans résonance idéologique : d'une part, celle de la relation entre les facultés d'éducation, la formation des maîtres et l'utilisation de la littérature par les enseignants, plus ou moins conformément aux directives du ministère de l'Éducation ; et, d'autre part, celle, peut-être plus délicate, des postulats et des présupposés de la recherche dans un domaine, qui, naguère, faisaient figure d'Eldorado pour une nouvelle génération de chercheurs.
À cet égard, en ce qui concerne la recherche universitaire proprement dite, il serait sans doute pertinent d'examiner comment elle cherche à définir la spécificité de la littérature d'enfance et de jeunesse, et comment elle influence et oriente son inscription dans l'institution littéraire, pour explorer, en dernier lieu, quels sont les champs d'analyse et les approches méthodologiques qu'elle tend à privilégier. Tout d'abord, une part importante des travaux universitaires sont consacrés à l'étude de cette spécificité : thématiques récurrentes, représentations sociales, modèles idéologiques, genres dominants, etc. ; ensuite, plusieurs contributions portent sur sa situation concrète dans l'institution littéraire québécoise : infrastructure de l'édition, carrière ou double carrière des auteurs (soit l'examen de la tension entre la production exclusive de textes pour la jeunesse et la production d'œuvres pour le public en général), diffusion dans les réseaux scolaires et les bibliothèques publiques, prise en charge par les enseignants, de la maternelle à... l'université, etc. ; en dernier lieu, et c'est une propriété inhérente à la recherche universitaire, peu importe son domaine, les chercheurs s'appliquent à assurer la validité de leur propre champ de recherche, ce qui revient à dire que la recherche sur la littérature pour la jeunesse se définit en définissant son objet, se construit en répertoriant le corpus des textes et fonde sa légitimité en étudiant son domaine.
Le présent appel à contributions ouvre et restreint à la fois le champ de cette recherche ; en effet, il est temps de dresser le bilan des travaux universitaires en littérature de jeunesse au Québec, au Canada français et dans la francophonie européenne, mais, pour des raisons d’ordre pratique, en privilégiant quatre angles d’approche. Ce faisant, l’appel répond à deux objectifs.
Pertinence sociale. Les récentes publications ont permis au Québec de cerner quelques aspects d’un champ de recherche en constante progression : figures de l’adolescent, représentation de l’enfant, stratégies de l’intertextualité, réappropriation et réécriture des classiques, renouvellement des formes narratives, etc. Dans le prolongement de ces avancées, nous proposons de faire progresser la réflexion sur la science et l’histoire, qui soulève depuis peu l’intérêt des chercheurs, et d’enrichir cette réflexion en s’attachant également à la culture et à la littérature sous toutes leurs formes. Ces questions mettent en relief la vitalité de la production en littérature de jeunesse au Québec, au Canada et dans la francophonie et le rôle essentiel que celle-ci joue dans la formation des identités nationales.
Pertinence scientifique. Il paraît opportun d’examiner de plus près les nombreuses représentations associées autant à l’histoire, à la science, à la langue, qu’à la culture et à la littérature dans les contes, les romans, les «mini-romans», les albums, les «bébés-livres», les bandes dessinées, le théâtre édité, le documentaire ou ce qui en tient lieu, et, finalement, la presse spécialisée. Dans cette perspective, les contributions mettront en valeur un champ de connaissance en grande partie inédit, et favoriseront une grande diversité méthodologique, volontiers pluridisciplinaire et interdisciplinaire.
Donc, dans la volonté d’approfondir les acquis de la recherche actuelle, la présente proposition élargit l’enquête à l’ensemble de la francophonie, tout en inscrivant les travaux dans une réflexion sur les dimensions langagière, culturelle et littéraire de la production destinée à la jeunesse. Ainsi, dans une collaboration qui réunit des littéraires, des didacticiens, des traducteurs et des sociologues de la littérature, les communications s’orienteront selon les quatre axes suivants qui pourront être exploités selon divers angles d’approche.
La science : Quel visage de la science la littérature pour la jeunesse transmet-elle dans les documentaires ? Les bandes dessinées ? Les romans de science-fiction ? La réflexion pourra porter autant sur l’étude de collections ou de séries spécifiques, voire de personnage sériel porteur d’un discours sur la science, présent dans la bande dessinée, les romans, les albums.
L’histoire : L’histoire est-elle présente dans la production contemporaine ? Sous quelles formes ? La bande dessinée historique ? Le roman historique? Les contes et les légendes ? Les collections offrent-elles en partage autant de personnages historicisés (ex. Jeanne, fille du Roy) que de personnages historiques (collection « Les grandes figures » chez XYZ éditeur). Quelle histoire est privilégiée par les auteurs et les éditeurs : l’histoire contemporaine ? Culturelle ? L’histoire de demain ou celle d’hier ? Selon quelles idéologies ?
La langue : Quel français est mis de l’avant par les écrivains et les maisons d’édition ? Existe-t-il une variation linguistique entre la narration et les dialogues ? Peut-on identifier des différences selon l’origine des auteurs, la cartographie de l’édition et des régions du Canada français et, surtout, entre les divers pays francophones ? Enfin, quelles spécificités culturelles et identitaires peut-on dégager de ces différences ?
La culture et la littérature : Quelle place occupe la culture dans la production contemporaine destinée autant aux très petits qu’aux plus grands en littérature de jeunesse ? Quelles en sont les manifestations, les traces, les représentations autant dans le texte écrit qu’illustré ? Comment est représentée la culture ? Finalement, quelles sont les lignes de force culturelles qui définissent ou génèrent la spécificité de la francophonie ?
Association canadienne d'éducation de langue française (ACELF)
268, rue Marie-de-l'Incarnation
Québec (Québec) Canada G1N 3G4
G1N 3G4
Date limite de soumission de l'appel à collaboration : 26 février 2010
Courriel où envoyer la proposition : lainey@acelf.ca et dchouina@uoguelph.ca
Personne-ressource : Daniel Chouinard, Université de Guelph
Adresse postale :
268, rue Marie-de-l'Incarnation
Québec (Québec)
G1N 3G4
Téléphone : 418 681-4661
Site Internet pour plus d'information : www.acelf.ca/c/revue/index.php
Association des universités de la francophonie canadienne
260, rue Dalhousie, bureau 400
Ottawa (Ontario) K1N 7E4
Téléphone : 613 244-5231
Télécopieur : 613 244-0699